Compte-rendu de visite - 23/10/2008

L’état de la réhabilitation du centre ville - La mise en oeuvre de la délibération du 1er février 2008

- VISITE DU 18 OCTOBRE 2008 -
 
 
Le 16 février 2008, « Un Centre ville pour tous » a organisé une visite des quartiers de Noailles et Belsunce à la veille des élections municipales.

Le 1er février 2008, le Conseil municipal de Marseille avait voté à l’unanimité la délibération n° 199 comprenant des engagements précis sur la mise en oeuvre d’une politique du logement social, et en direction des travailleurs isolés, dans le centre-ville de Marseille.

 Il nous a semblé utile de faire le point sur la situation dans le centre-ville, d’analyser la réalité sur le terrain, de mesurer la mise en oeuvre de la délibération 199, d’amorcer un bilan des opérations de rénovation immobilières de ces dernières années (PRI, OPAH...).

Pour ce faire, « Un Centre ville pour tous » a organisé une nouvelle visite, avec les habitants du centre ville le 18 octobre 2008 de 10h à 12h00. 

Environ 70 personnes se sont retrouvées à l’angle des rues Francis de Présensé, des Petites Maries et de la Fare, dans le haut du quartier Belsunce. Daniel Carrière a expliqué le contexte dans lequel s’effectuait cette visite, puis Nouredine Abouakil a animé la visite, en présentant des situations et des immeubles emblématiques :
• des anciens hôtels meublés, vidés de leurs occupants
• des immeubles dégradés, avec des propriétaires privés occupants auxquels sont demandés des travaux inadaptés
• des immeubles dégradés, avec des propriétaires privés non occupants qui ne sont pas contraints à réhabiliter
• des immeubles dégradés appartenant à la Ville ou à l’opérateur public
• des immeubles renovés avec d’importants soutiens publics, qui ne sont pas toujours accessibles au public visé
• des immeubles rénovés hâtivements avec d’importants soutiens publics, maintenant épuisés, et dont les propriétaires se débarassent

L’association a également pointé les lacunes de la gestion de l’espace et des équipements publics dans ces quartiers, l’absence de lieux pour les enfants, de crêches, d’écoles à Noailles, et d’institutions sociales.

La visite s’est achevée autour d’un apéritif dans les locaux de l’association Atriballes, dans la domaine Ventre à Noailles.
 
Quelques situations exemplaires

Belsunce
•  au 13 rue des Petites Maries, malgré des injonctions, des travaux indispensables à la salubrité ne sont pas réalisés depuis plus de 10 ans. Les habitants du 15 viennent signaler la dégradation de leurs logements.
•  au 6 rue de la Fare qui a fait l’objet d’un procès où la ville de Marseille a été condamnée l’immeuble est toujours vide, alors qu’il fait parti de la donation Cantini.
•  les 25, 27 et 33 rue des Dominicaines, sont des anciens hôtels meublés qui ont été "vidés" au début du PRI.
•  rue Thubaneau, les investisseurs propriétaires d’immeubles rénovés au début du PRI, avec d’importants soutiens financiers publics et dont la défiscalisation est achevée, tentent de les vendre. Trois sont en cours de rachat par la Ville. Au moins un a été vidé de ses locataires (le 23).
•  le 35 rue Thubaneau est exemplaire d’une mauvaise gestion du PRI. Malgré une insalubrité totale, l’Hôtel Achille, de 1500 m2, n’a été fermé qu’en 2005. Il est toujours vide, aucun travaux n’ont été entrepris, alors que le manque de logements est important.
•  le 19 rue Poids de la Farine, est un immeuble insalubre, maintenant vide, finalement racheté par les pouvoirs publics. Les habitants ont été en partie au moins relogés, mais les travaux n’ont toujours pas commencé.
•  rue Vincent Scotto, le 3 est en cours de rénovation par un bailleurs social. A côté, le 5 est un immeuble insalubre, propriété privée, qui n’a toujours commencé aucune réhabilitation. Pourquoi les pouvoirs publics, qui disposent de l’outil du PRI, laissent-ils se poursuivre cette situation ?
•  le 21 rue Vincent Scotto est un ancien hôtel, réhabilité par un propriétaire privé avec une importante aide publique (proche de 50%), pour réaliser 16 logements sociaux.

Malheureusement, et c’est un autre combat de l’association, des pratiques fiscales discriminantes, pour lesquelles la Halde a été saisie, empêchent l’accès au dispositif d’une partie de ceux qui en auraient besoin et l’immeubles est à moitié vide.

Noailles
•  au 1 rue des Feuillants, un immeuble emblématique, proriété de la ville, dont les parties communes et l’extérieur sont très dégradés et qui n’est ni rénové ni entretenu. Malgré les pressions, une partie des habitants refusent de partir.
•  rue du Musées, plusieurs immeubles doivent être repris par des bailleurs sociaux et rénovés. Certains travaux ont commencé.

En conclusion, l’association constate une nouvelle fois qu’à Noaille, la réhabilitation est en panne, et s’en inquiète.

NB : Des photos de situations et des données techniques seront publiées ultérieurement.